L’Europe sans les Européens
9 février 2008
Le 29 mai 2005, 55% des Français ont répondu ‘non’ par référendum à une proposition de Constitution pour une Union européenne, qui aurait célébré l’avènement d’une Europe non seulement en voie d’intégration économique, mais désormais politique.
On peut voir dans cette victoire du ‘non’ le sursaut d’un peuple Français attaché à sa souverainté face à des projets de centralisation, devrait-on dire de confiscation du pouvoir politique dans les mains des eurocrates de Bruxelles et d’un Parlement européen bien lointain des citoyens. On peut voir aussi dans ce ‘non’ un sursis pour les constitutions nationales à partir desquelles sont déclinés les droits de chaque pays, selon un double soucis: celui d’universalité propre à tout droit et de respect des traditions politiques nationales.
A ce titre, la ratification en cours du Traité de Lisbonne, initiée pour les Français par leur président Nicolas Sarkozy et désormais soumise au Parlement (Assemblée nationale et Sénat), constitue une véritable trahison de la volonté des Français, et répond même à la définition du Coup d’Etat !
Après le déni démocratique se profile plus prosaïquement la quasi-disparition du respect du principe fondamental de subsidiarité, seul garant du maintien des constitutions nationales comme fondement des droits des différents pays de l’Union européenne, et ouvre la brêche à toute une série de directives, décisions de justice, qui vont très vite apparaître absurde aux yeux des Européens.
Aujourd’hui, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a rendu sa décision sur le droit à l’adoption d’un couple d’homosexuelles françaises. Après le Traité de Lisbonne, cette décision aura valeur de jurisprudence dans tous les pays de l’Union au nom du principe d’égalité des citoyens européens devant la justice. Sans porter de jugement sur cette affaire là en particulier, comment cette décision sera-t-elle appréciée et perçue d’un pays à l’autre de l’Union ? A quand l’autorisation du hijab dans les enceintes scolaires ? A quand l’autorisation de statistiques ethniques ? à vouloir prendre des décisions de portée supranationale qui ne respecteront pas les traditions politiques des pays membres, l’Europe a décidé de marcher sur la tête !
Irish, vote ‘no’ !
Le dernier espoir pour que la voix des peuples d’Europe se fasse entendre, c’est l’Irlande, dont la Constitution rend pour l’heure obligatoire la consultation référendaire pour la ratification d’un tel traité. Si demain les Irlandais votaient ‘non’ à ce traité, qu’ils ne croient pas s’isoler de l’aventure européenne comme le prétendent les technocrates qui n’attendent qu’une seule chose: plus de pouvoir ! Plutôt que de s’isoler, les Irlandais deviendraient les porte-voix d’un ‘non’ qui traverse toute l’Europe, et même peut-être de façon majoritaire, malgré tous les discours orientés pour nous suggérer comme une évidence le contraire !
Les eurocrates auront pour l’occasion définitivement tombé le masque pour montrer leurs réelles motivations: renforcer leur pouvoir sur les peuples d’Europe sans les peuples d’Europe, c’est-à-dire à l’occasion à leur détriment, n’ayant plus la patience d’attendre que le temps accomplisse son lent et raisonnable travail consduisant à l’émergence d’une véritable conscience citoyenne dans le coeur de chaque européen. Un travail qui tout au plus s’oriente, se suggère, mais ne s’ordonne ni se décrète.
Jeune actif monté à Paris, tout droit sorti de sa classe moyenne provinciale, Jérome Kerviel a décidément tout du dangereux terroriste et du spéculateur fou.
Oh, bien sûr, l’ami Bouton aura donné le change, celui du manager responsable proposant sa démission à ses copains de cantine du conseil d’administration; démission sitôt déposée, sitôt rejetée, selon une comédie désormais bien connue et bien rôdée; et pour faire acte de vigilance, c’est un autre ancien haut fonctionnaire en la personne de Jean-Martin Folz qui a été dépêché auprès du sinistré Bouton pour veiller aux mesures de recouvrement de la crise. Autant dire que nous nageons en plein vaudeville franco-français où la plupart des acteurs doivent leur place et leur réussite au moins autant à leur pedigree, leur appartenance aux grands corps de l’Etat, qu’à leurs mérites ou leurs talents.







































!









